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1ère rencontre avec les Andes

Le temps d’un week-end au pieds de la Cordillère.

samedi 14 octobre 2006 , par Romain (en Argentine)
 

Ne vous inquiétez pas nous n’allons pas tout faire en double avec Etienne, mais puisque je suis allé à Mendoza comme lui et qu’il n’a mis que des photos, je vais en profiter pour rajouter un petit commentaire sur la région comme ça on se complète au lieu de se doubler (de toute manière, faute de m’être racheté un appareil photo je ne peux pas vous faire partager mon week-end en images...).


Mendoza est la capitale de la province du même nom, située tout à l’Ouest de l’Argentine, sur le chemin entre Buenos Aires et Santiago de Chile (capitale du Chili), au pieds des Andes. C’est LA ville d’où partent quantités d’expéditions pour les plus hauts sommets, qui à ce niveau du continent atteignent souvent plus de 6500m. Les touristes (comme moi !) y viennent pour y faire du canyonning, de l’escalade, des treks, du parapente, c’est le paradis des aventuriers.

L’arrivée à Mendoza est impressionnante de part la géographie du lieu. Après toute une nuit de bus dans la pampa (la fameuse pampa), c’est à dire rien et ... rien, à droite, à gauche, devant et derrière pendant 12h et 1043km, on arrive face à une muraille : la cordillère des Andes. Elle bouche toute la vue vers l’Ouest (zut alors !) et se perd dans les nuages au Sud et au Nord. Une occasion rêvée de faire une panoramique. C’est impressionnant, Mendoza est à 750m d’altitude et quelques km plus loin, il y a une demi douzaine de sommets à plus de 6000m face auquel le Mont Blanc semble nain (et derrière le Chili et le Pacifique). On a vraiment l’impression qu’elles ont été posées là dans la pampa et on prend alors conscience de la magie de la tectonique des plaques ;).

Plus sérieusement, première conséquence, la région est très aride, les nuages chargés d’eau venant du Pacifique restent accrochés à la montagne et se déchargent sur le Chili. Mais heureusement la ville de Mendoza arrive à tirer toute son eau des montagnes qui ne sont qu’à 40km. Dans le sous-sol de la ville on trouve un autre type de liquide, du pétrole ! Et d’un coup, voyant les puits de chaque côté de la route, et ce paysage semi-désertique on revoit les images de ces films américains : le Texas, le désert, les puits de pétrole et le couché de soleil. Mais une fois la nuit tombée, on se croit ... sur l’autoroute pour Marseille au Sud de Lyon (!) et bien oui parce que qui dit pétrole dit industrie pétro-chimique, énormes usines de transformations et colonnes de distillation illuminées. Je ne suis pas fan d’architecture industrielle mais je dois avouer que ce genre d’usine, la nuit, c’est plutôt sur-réaliste et ça en deviendrais presque magique (c’est purement visuel !).


Outre la beauté du paysage et quelques poussées d’adrénaline, on peut aussi profiter d’être à Mendoza pour aller voir "El puente del Inca" ou en version française "Le pont de l’Inca" (comment peut-on faire plus transparent ?). Formations géologique plutôt particulière puisque c’est un pont naturel, de pierre, au dessus du torrent qui coure dans la vallée où passe la route pour aller au Chili. L’origine de ce pont n’est pas tout à fait claire mais certains supposent qu’il se serait formé grâce à la concomitance de deux phénomènes plutôt rares. Il y a à cet endroit une source dont les eaux sont très chargées (d’où les couleurs des roches sur les photos d’Etienne). Et les gens de là bas, qui ne manquent pas d’imagination pour vendre des souvenirs aux touristes, en profitent pour laisser des objets sous la cascade formée par le torrent à cet endroit qui se recouvrent bien vite d’une pellicule jaunâtre (d’un bon centimètre quand même) formée par les particules en suspension.

Et il se trouve qu’il n’est pas rare qu’il se forme un pont de glace l’hiver, au dessus du torrent. Ce que l’on suppose c’est qu’il s’est passé la même chose dans les glaces de ce pont saisonnier que sur les (magnifiques) souvenirs dont je viens de vous parler. Les particules en suspension dans l’eau se sont solidifiées et tellement qu’un beau jour, les glaces fondant, il est resté un pont permanent, de pierre.


Pour finir ce message (un peu long sans photos), j’en profite pour vous rapporter une anecdote. Comme je le disais, il y a beaucoup de neige et de glace à cet endroit, qui se trouve être à 300m de la frontière avec le Chili. Et donc l’hiver, bien souvent, on ne peut pas passer. La frontière est fermée. Et on peut rester bloqué quelques jours voir quelques semaines d’un côté ou de l’autre sans pouvoir rentrer chez soi ou partir. Peut être que je suis le seul mais vraiment quand j’ai réalisé cela ça m’a fait bizarre. On n’est pas habitués à ça en Europe (et pas non plus à attendre 2h à la frontière pour passer). C’est sûr que ça peut être embêtant mais ça donne un certain charme au voyage de se dire qu’on est à la merci des éléments. Et c’est carrément passionnant d’imaginer ce que ça pouvait être pour les premières personnes qui ont tenté de traverser les Andes...



 
 
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