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Un automne suédois
vendredi 25 novembre 2005 , par Sebastien (en Suède)



pâle journée

cimes

nuages
 

Je voulais ne faire qu’un texte pour cette arcticle. Finalement n’est pas là aussi une expérience intéressante ? Au lieu de donner à voir des lieux et des instants figés et finalement enfermé dans leurs simples apparences, pourquoi ne pas donner une vision personnelle, subjective et vivante de ces moments ?

J’en conviens, cela est peut-être plus difficile et il est sans doute mieux de donner à voir et à réfléchir. Alors j’ai ajouté quelques photos. J’espère que ça va mercher cette fois ci !

Voilà donc un texte que j’ai écrit cette semaine en regardant le soleil se coucher. Le texte s’appelle 14h50.


"Stockholm, le 21 novembre 2005, 14h50, le soleil émerge enfin, il s’est faufilé entre l’horizon et le couvercle nuageux qui pèse sur nos esprits comme un linceul sur le songe d’une journée bucolique. Alors que le tapis de glace et de neige reflète la morne et blafarde humeur du ciel, comme un dernier sursaut avant la défaite, l’astre de feu vient embraser les cimes de sa couleur aussi rare que particulière en ces latitudes, chaude, irréelle. Nous, qui ne savons pas nous hisser vers les hauteurs, n’avons pas la primeur ni même l’honneur de jouir de cette ultime et inespérée offrande. Nous ne pouvons que la contempler, la siroter doucement des yeux l’accompagnant dans sa lente agonie. Cette furtive apparition semble tout d’abord providentielle mais se révèle finalement insidieuse. Toutes pupilles écarquillées, la conscience béate, la réflexion béante, nous l’accueillons comme Ariane venue sortir nos pensées indigentes des inextricables méandres de l’obscurité. Les nuages reculent même !

L’extase est éphémère...La raison le savait mais la raison est naïve, le coeur espère ce qu’il veut... Les cieux ne tardent pas à sombrer dans des ténèbres corrompues par la maigre et pâle blancheur du sol glacé qui audacieusement délave et terni la noirceur nocturne. Notre orgasme radieux et incandescent est bien loin maintenant... Il n’aura pas soigné l’absence d’une présence étincelante mais n’aura qu’exacerbé la présence de son absence égarant encore un peu plus notre âme dans son confinement sibyllin..."


Sébastien.




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